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PAR LA CHEMINÉE Après avoir assisté à la messe de onze heures, nous sommes allés réveillonner, en famille, chez ma soeur à quelques minutes de chez-nous. Bien mangé, un peu bu et la chaleur aidant, j'ai prétexté aller prendre l'air à l'extérieur. Je suis alors revenu à la maison et j'ai imaginé un scénario génial qui aurait trompé Sherlock Holmes. J'ai déplacé un peu les meubles du salon comme si quelqu'un était entré dans la maison, j'ai disposé les cadeaux sous l'arbre comme si le Père Noël était passé et j'ai accroché les bas de Noël à la tablette du foyer. Après quoi je suis reparti sans oublier de laisser la porte de l'âtre entrouverte en prenant soin d'y accrocher une pièce de tissus rouge vif pour laisser croire que le Père Noël avait déchiré son costume en se glissant dans la cheminée avant de repartir sur son chariot vers le pôle nord. Je suis retourné réveillonner, et, mine de rien, j'ai continué de m'amuser une partie de la nuit. Comme toute bonne chose a une fin, le réveillon terminé, nous sommes revenus chez-nous. Josiane avait à peine cinq ou six ans à l'époque, c'est dans mes bras que je l'ai rentrée dans la maison. Quand je l'ai déposée par terre, bien réveillée par le froid intense qui sévissait à l'extérieur, c'est les yeux grands ouverts qu'elle s'est dirigée vers l'arbre de Noël, impressionnée par le lot de cadeaux empilés sur le plancher. La magie a commencée quand elle s'est aperçue que quelqu'un s'était introduit dans la maison et le vrai coup de baguette s'est donné quand elle a jeté un coup d'il sur la porte du foyer. Elle a d'abord figé littéralement, puis à pas lents, presque insécures, elle s'est dirigée vers le bout de tissus qu'elle a prise dans sa petite main en se retournant vers nous avec un air qui semblait dire: "Oui il existe le Père Noël, et ce soir il est débarqué chez-nous." Dans ses yeux on voyait la sincérité et son expression ne laissait aucun équivoque; elle avait la preuve formelle que le Père Noël n'est pas seulement une légende. Je n'ai pas osé me retourner tout de suite vers Suzanne de peur qu'elle n'aperçoive les larmes qui perlaient au coin de mes yeux. Mais comme le dit le dicton, "Tel est pri qui croyait prendre." et le plus impressionné des deux, c'était moi. Un Noël comme ça c'est magique, c'est magique quand on y repense et c'est magique quand on en parle, les larmes aux yeux. |
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